Santé mentale au travail : une priorité pour les entreprises

Comme le lui disait son professeur d’université en droit social, cette discipline est celle des réalités humaines et économiques de l’entreprise. « La santé mentale au travail est ainsi de toute évidence au cœur des préoccupations des organisations », affirme Anne Quentier. Elle précise que « ce n’est pas par hasard qu’en 2026, la santé mentale est de nouveau déclarée grande cause nationale. »

Anne Quentier, avocate et associée fondatrice de LSIX LAW FIRM

La santé mentale, au cœur des enjeux

Le sujet des risques psychosociaux n’est pas anodin. Selon le Baromètre de la santé mentale, en 2023, les maladies psychiques d’origine professionnelle ont augmenté de 25 %, avec près de 12 000 accidents du travail liés aux risques psychosociaux (RPS). Selon Qualisocial-Ipsos, 25 % des salariés français déclarent être en mauvaise santé mentale.

Les troubles anxieux, dépressifs, le burn-out, les violences physiques et psychologiques – harcèlement moral, violences sexistes et sexuelles, discriminations… – figurent parmi les premières causes d’arrêts de travail de longue durée.

Ces troubles ont également un impact direct sur la vie des entreprises : absentéisme, turnover, dégradation de l’ambiance de travail et de l’image de l’entreprise. La mauvaise organisation du travail et la dégradation de la santé mentale peuvent coûter plus de 13 000 euros par salarié chaque année en raison des pertes de productivité, des départs de salariés ou des difficultés de recrutement.

À l’échelle européenne, la dégradation de la santé psychologique liée au travail représenterait entre 3 % et 4 % du PIB, selon la Commission européenne.

« L’entreprise a l’obligation de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. L’employeur est tenu de mettre en œuvre des actions de prévention des risques psychosociaux comme pour tout autre risque professionnel, de former ses salariés et de mettre en place une organisation et des moyens adaptés », alerte Anne Quentier.

Le rôle du management est central

« Il est nécessaire d’intégrer la santé mentale dans la stratégie globale de gestion des ressources humaines, en menant par exemple des diagnostics réguliers des risques psychosociaux, des enquêtes internes, des baromètres de climat social ou des entretiens anonymes », annonce Anne Quentier.

Ces outils permettent d’identifier les facteurs de stress liés à l’organisation du travail, à la charge de travail ou aux modes de management. Les entreprises peuvent également agir sur l’organisation du travail en favorisant un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle : télétravail encadré, droit à la déconnexion, gestion réaliste des objectifs ou encore flexibilité des horaires.

Former les managers à la détection des signaux faibles — fatigue, isolement, baisse de performance inhabituelle — contribue également à prévenir plus efficacement les situations de mal-être. Des dispositifs d’accompagnement peuvent aussi être mis en place : cellules d’écoute psychologique, programmes d’aide aux employés, accès à des psychologues du travail ou référents bien-être.

La promotion d’une culture d’entreprise ouverte sur les questions de santé mentale contribue à réduire les tabous et à permettre aux salariés d’exprimer leurs difficultés sans crainte de stigmatisation. Pour Anne Quentier, la valorisation d’un environnement de travail sain, la reconnaissance du travail accompli et le développement des compétences constituent aussi des leviers d’engagement et d’attractivité pour l’entreprise.

Des dirigeants activement engagés

« Le rôle d’un cabinet d’avocats comme le mien est de faire le lien entre la norme, la réalité opérationnelle et les responsabilités en matière de RPS », affirme Anne Quentier. Elle ajoute : « Il est essentiel de sentir que la direction soutient les projets. Mon expérience a toujours montré que c’est le cas en matière de santé mentale, car tout le monde est finalement concerné. »

LSIX LAW FIRM montre ainsi que le droit du travail ne repose pas seulement sur un réflexe contentieux. Il peut aussi accompagner la mise en œuvre et l’anticipation de projets structurants pour les entreprises, puisqu’il organise la vie en collectivité au sein de celles-ci.

Publication originale

Cet article est issu d’une publication parue sur Capital.fr le 8 avril 2026..

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